dimanche 2 mai 2010

Carta do Papa para Ilios

Nini, dimanche, tu vas avoir deux ans. Deux ans que tu nous enchantes, par ta forte personnalité, ta joie, ta vivacité, ta voix drôle et merveilleuse, ton ouverture au monde, aux autres et aux oiseaux. Deux ans ? Non, même plus, rappelle-toi : tu n’étais qu’un petit fœtus, nous étions inquiets et ta mère avait dû faire une échographie de contrôle, j’avais manipulé moi-même l’appareil et sous la pression, tu nous avais regardés, nous avais souri et fait signe des deux mains. La « photo » est encore là, dans la salle, à côté d’une autre où tu nages dans la piscine d’Icarai. Ce jour-là, ta mère avait dit que, décidément, elle le sentait depuis toujours dans son ventre, tu avais une forte personnalité. Ça m’avait un peu fait rire, ça relevait encore de sa théorie des esprits, mais cette fois, je ne pouvais plus en douter. Et depuis deux ans, plus de deux ans donc, tu nous le montres tous les jours. Tu as une grâce et une chance qui n’appartiennent qu’à toi. Et je suis heureux, enfin heureux, de pouvoir t’offrir, avec ta mère, un univers de calme, de joie et d’amour, de générosité sans ombre, où t’épanouir de jour en jour.

 

Ça n’a pas toujours été simple. Tu as beaucoup souffert tout petit, tes digestions étaient si difficiles que tu pleurais, tu criais « ni… ni… ni… ni… aïe aïe aïe aïe ». Ta mère a trouvé dans ces plaintes ton surnom, autour d’un i redoublé, une vraie gaieté. Tu y as peut-être inscrit tes premières mélodies. Le « ni » était long, plaintif, et le « aïe » accéléré, cathartique. Tu t’es mis à répéter les musiques que tu entendais, d’un petit son de l’arrière-gorge, avec un sens étonnant du rythme et de la tonalité. Tu es si beau que l’on te nomme parfois « bébé pub », mais tu gagnais aussi un autre surnom, « bébé musical ». En mars dernier, ta mère est partie soutenir sa thèse au Brésil. Tu as décidé que c’était le moment d’avancer. Tu es allé encore plus vite dans tes apprentissages, dans tes interactions et quand elle est revenue, tu as commencé à parler, à articuler, à faire des phrases, « voivoi » pour « voilà » en français ou « abi » pour « abrir » en portugais. Tout ça, j’en suis sûr, pour te permettre de chanter. Voilà que tu chantes, donc, « bateau… ciseau », ou « bonsoir, bonsoir ma mère », qui rime avec « bergère ». On a essayé de te mettre du Mozart. Tu as répété aussitôt la mélodie et à la fin du morceau, tu as fait « bravo ».

 

C’est qu’en général tu aimes t’exclamer. « Bravo », mais aussi « éééééééé », « yeah » ou lorsqu’on se donne les mains à table, « bon appétit, yoooooooo » et maintenant aussi, « joyeux anniversaire » (enfin, quelques sons bizarres mais dans le rythme, suivis d’un cri joyeux en deux syllabes, « versaire »). Tu adores profiter de ta mère et de ton père, mais tu adores aussi avoir le monde autour de toi. Tu adores tes deux grands frères, « Sassi » et « Kakim », tu t’habitues de plus en plus à « Pépy » et « Mémie », tu adores évidemment les sonorités de « Tata Touille ». Et que dire de « Vovo » ? Depuis toujours tu as un lien spécial avec elle. Elle te fait rire et tu sais à quel point elle t’adore. Alors tu as décidé aussi de la faire rire et quand elle te demande : « Ilios, você ama Vovo ? », tu prononces un de tes « non » à toi, avec une toute petite voix mais une solide détermination et un regard filou.

 

J’ai été très ému le jour où tu as commencé à ramper et où tu t’es assis à l’angle du couloir. Maintenant tu cours partout, intenable, mais aussi, tu danses, tu tournes, et tu essaies de sauter. Tu adores quand je te fais tourner et dès que j’arrête, tu prononces l’un des premiers mots que tu as su dire, « encore ! », où s’écrit toute ton avidité. Maintenant tu sais dire « viens ! » et tu appelles tous les gens que tu aimes. Tes réveils ont toujours été magnifiques : tu chantes, seul, au fond de ton lit. Tu chantes et tu parles, tout ce que tu sais chanter et dire. Au bout d’un bon moment, tu décides que c’est assez parlé, assez chanté. Tu nous le fais comprendre : avant tu commençais à grogner, maintenant, tu dis « viens ! ». Tu appelles même les oiseaux.

Posté par fahmoraes à 22:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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